Beaucoup de papas connaissent cette scène frustrante : ils prennent leur bébé en pleurs dans les bras, essaient tout ce qui leur passe par la tête – bercer, chanter, marcher – et rien n’y fait. Pourtant, dès que maman arrive, les cris s’arrêtent presque instantanément.
Est-ce normal que bébé pleure davantage avec papa qu’avec maman ?
Oui, c’est tout à fait normal, et cela arrive dans une grande majorité de familles. Les pédiatres le confirment : pendant les premiers mois, le nourrisson cherche avant tout la sécurité auprès de la personne qui répond le plus souvent à ses besoins essentiels.

Quand c’est maman qui allaite, change les couches ou passe le plus de temps à la maison, le bébé développe naturellement une préférence temporaire pour elle. Cela ne signifie pas un rejet du papa, mais simplement une recherche du réconfort le plus prévisible.
Quelles sont les principales raisons biologiques qui expliquent cette difficulté ?
Si le bébé a une petite préférence pour la maman, il y a des explications logiques derrière. Non, papa ne lui fait pas peur, il connaît simplement mieux la maman, c’est tout.
Pourquoi l’odeur et la voix de maman calment-elles le bébé plus rapidement ?
Dès la grossesse, le fœtus entend la voix de sa mère et s’y habitue. Après la naissance, cette voix familière déclenche immédiatement une sensation de sécurité. L’odeur du corps et du lait maternel agit de la même façon : elle libère de l’ocytocine, l’hormone du bien-être, chez le bébé comme chez la maman.
L’allaitement joue-t-il un rôle décisif ?
Oui, particulièrement quand l’allaitement est exclusif ou fréquent. Pour un bébé allaité, le sein représente à la fois nourriture et apaisement instantané.
Même avec un allaitement mixte, cette association reste forte, et bébé peut associer maman au soulagement rapide de la faim ou de l’inconfort.
La figure d’attachement primaire est-elle toujours la mère dans les premiers mois ?
Pas obligatoirement, mais souvent oui. Selon la théorie de l’attachement, le bébé se lie prioritairement à la personne la plus disponible pour les soins quotidiens. Plusieurs facteurs expliquent cela :
- L’allaitement maternel prolongé
- Un congé maternité plus long que le congé paternité
- Des habitudes où maman gère la majorité des routines quotidiennes
Avec le temps, ces préférences s’équilibrent naturellement.
Le comportement ou le stress de papa influence-t-il la capacité à apaiser bébé ?
Oui, dans une certaine mesure. Les nourrissons ressentent très tôt les émotions des adultes qui les portent. Si papa se sent stressé ou frustré par les pleurs, cette tension passe par le ton de la voix, la raideur des mouvements ou le rythme cardiaque.
À l’inverse, une attitude calme et confiante transmet de la sérénité. Les experts conseillent souvent de prendre quelques respirations profondes avant de prendre bébé, pour arriver détendu.
À quel âge cette préférence pour maman disparaît-elle généralement ?
En général, cette exclusivité diminue sensiblement entre 6 et 12 mois. À partir de la diversification alimentaire et avec plus d’interactions variées, bébé commence à se tourner aussi facilement vers papa.
Vers 9 à 18 mois, la grande majorité des enfants accepte le réconfort des deux parents sans différence marquée. Des petites phases de préférence peuvent revenir jusqu’à 3 ans, mais elles alternent et restent passagères.
Comment papa peut-il calmer le bébé plus facilement ?
Le bébé préfère peut-être un peu sa maman, mais cela ne signifie pas que le papa ne peut rien faire.
Le peau à peau

Le contact peau à peau avec papa régule la température corporelle du bébé, stabilise son rythme cardiaque et diminue les pleurs. Des études et recommandations pédiatriques soulignent que ce contact libère aussi de l’ocytocine chez le père, renforçant le lien émotionnel des deux côtés.
Routines exclusives papa-bébé
Créer des moments réservés à papa aide énormément. Le bain du soir, la promenade en poussette ou le portage en écharpe deviennent vite des repères rassurants pour bébé.
Techniques d’apaisement spécifiques
Un papa peut aussi un peu ruser pour apaiser le bébé. Pour cela :
- Des bercements rythmés associés à un bruit blanc (aspirateur, application dédiée ou simple « chuuut » régulier)
- Le portage ventral en écharpe ou porte-bébé physiologique pour reproduire les sensations de la grossesse
- Des chansons ou des murmures graves, car la voix plus basse des papas apaise particulièrement
- Des massages doux du ventre dans le sens des aiguilles d’une montre contre les coliques
- Des sorties à l’extérieur, où les nouveaux stimuli distraient et calment bébé
La clé reste la répétition : plus papa pratique ces gestes, plus le bébé les associe à du réconfort.
Le bébé rejette-t-il vraiment son papa ou s’agit-il d’une phase temporaire ?
Il s’agit d’une phase temporaire liée au développement. Les psychologues spécialisés en petite enfance insistent sur ce point : le bébé ne rejette pas papa par manque d’amour, mais cherche simplement la sécurité maximale auprès de la figure la plus habituelle du moment. Avec les interactions quotidiennes, cette phase s’estompe et laisse place à un attachement équilibré.

